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L'égo dominateur : harcèlement, violence, censure


En ce moment, une véritable guerre médiatique a lieu sur Instagram :

Dora Moutot, une féministe engagée qui tient le compte @tasjoui, est victime de cyber-harcèlement depuis trois ans.


Pour te résumer l'histoire : la communauté transgenre demande à Dora d'inclure les transexuels dans ses posts ( transexuels dans ce cas : des hommes qui veulent faire - ou ont déjà réalisé - une transition vers le sexe féminin ).

Sauf que Dora parle de sa propre sexualité : féminine, et hétérosexuelle, parce qu'elle parle de ce qui la concerne sur son propre compte !

De manière plus générale, les transgenres demandent d'arrêter d'employer le mot "femme" pour désigner les femmes, et demandent à employer le mot "personne à vulve" ou "menstruator", et à employer le mot femme pour désigner les femelles biologiques et les transgenres qui ont réalisé ou pas une transition vers le sexe féminin.

Comme Dora refuse de se plier à cette demande, elle est traitée de transphobe, insultée, menacée, suivie jusqu'à son domicile.

Certains trans demandent même à leurs communauté virtuelle d'aller la harceler, la supprimer d'Instagram, la bloquer, lui faire de la mauvaise pub, et ils maintiennent des propos diffamatoires la concernant.

Et elle n'est pas la seule à subir ce genre d'attaques : de nombreuses féministes qui luttent pour préserver les droits des femmes sont touchées en ce moment, certaines sont si oppressées qu'elles terminent en hôpital psychiatrique, voire se suicident.


Et je trouve le sujet plus que grave.

Pour plusieurs raisons :


Déjà, parce que si on reprend les éléments de base : les transgenres qui s'en prennent à Dora sont des êtres humains de sexe masculin, des hommes très agressifs qui utilisent la violence verbale et psychologique, l'intimidation par la menace, pour essayer de faire taire une femme, juste parce qu'ils ne sont pas d'accord avec son pointe de vue.

Des différences de point de vue, il en existe des millards, mais employer une forme de tentative de domination mentale ( ou physique ) pour faire taire, ça, c'est très masculin. C'est du déjà vu. L'histoire nous l'a montré.


Ensuite, parce qu'on vit dans une époque où la liberté d'expression est plus que jamais compromise, que ça soit pour les féministes qui osent l'ouvrir et dénoncer les schémas patriarcaux, les inégalités, les clichés et les préjugés sexistes, mais aussi pour tous ceux qui ne sont pas d'accord avec le vaccin par exemple.

J'ai une amie dernièrement, qui m'a expliqué qu'elle a récemment posté une interview d'un doctorant qui donne son point de vue anti-vaccin, et Facebook lui a bloqué sa vidéo en lui envoyant un e-mail d'une trentaine de lignes qui démonte point par point les arguments cités dans la vidéo.


Mais dans quel monde on vit pour qu'un réseau social nous dise ce qu'on doive penser et censure ce qu'on décide de partager sur notre réseau ?

Ceux qui présentent un point de vue anti-vaccin sont linchés, carrément traités d'ignorants venus d'une classe sociale inférieure, et ce même sur une chaîne de télévision à large audience.


Et enfin, toute cette guerre me touche particulièrement parce que je pense que les méthodes de harcèlement, de jugement, de violence verbale, de menace et autre critique blessante, sont malheureusement la source de tout conflit ou toute guerre dans ce monde.


Et là, on peut parler d'égo.


Pour rappel, l'égo est une part de notre personnalité qui représente le conditionnement social, culturel et familial.

En gros, tout ce qu'on a vécu, entendu et vu durant notre enfance et même toute notre vie, est programmé dans nos circuits neuronaux.

Une partie de notre personnalité est donc conditionnée à penser, ressentir et analyser, selon son propre filtre, selon son vécu, son expérience, son passé, sa culture, sa société et ses traditions familiales.

Le problème, c'est que l'égo, suivant comment il s'est développé, peut se montrer très dur et hermétique aux points de vue des autres.

Si ça s'arrêtait là, ça serait ok.

On a le droit d'avoir un point de vue et de ne pas vouloir le changer.

Mais ce qui pose problème, c'est quand l'égo développe un comportement de dictateur dominant qui tente d'imposer son point de vue aux autres.

Et ça va du.de la partenaire, du mari.de la femme, de l'ami.e, qui essaye d'imposer par la force verbale son opinion à ses proches, au chef religieux qui force une civilisation entière à croire en son Dieu, quitte à tuer, violer, etc, en passant par un chef d'état qui oblige un peuple entier à adopter un traitement médical.


Quelque soit le sujet, ce type d'agissements primitifs sont le signe de la folie. Et la folie, pour moi, c'est égotique.


Alors comment l'égo s'y prend-il pour imposer son opinion ?


Par la force, bien entendu.

On peut parler de force physique parce que c'est parfois le cas, mais on peut aussi parler de la force mentale.

L'égo peut adopter un comportement de dominateur pour faire taire les opinions qui divergent des siennes et le dérangent.


Et dans ce comportement, il y a plusieurs techniques de manipulation :


  • Imposer un climat de terreur : menacer, faire peur, appuyer sur le bouton angoisse pour faire flancher un esprit.

Parce que le point faible de l'esprit humain, c'est la peur.

La peur est très profonde, ancrée dans le plus primitif de nos cerveaux : le cerveau reptilien.

C'est une émotion qu'on partage avec les reptiles et les mammifères depuis des millions d'années, et c'est aussi le plus puissant des inhibiteurs. En effet, avoir peur peut nous paralyser, physiquement en cas d'attaque physique, mais aussi mentalement.

Faire peur à quelqu'un c'est le meilleur moyen de le paralyser psychologiquement et de l'empêcher de développer ses idées, sa créativité et son pouvoir d'action.


  • Faire culpabiliser. L'égo est le roi de la victimisation, il est très fort pour se faire passer pour un Calimero, et introduire un sentiment de culpabilité chez son interlocuteur. Son dada c'est de nous faire croire qu'on est responsable de la misère d'autres personnes que soi.


  • Harceler. Le harcèlement est une méthode égotique vieille comme le monde dont les enfants sont friands quand ils veulent quelque chose, ils savent demander, insister, redemander jusqu'à taper sur les nerfs de leurs parents pour obtenir gain de cause.

Bon, c'est mignon et ça passe chez les enfants, mais quand l'adulte s'y met, ça devient l'enfer sur terre !

Le harcèlement est une technique qui vise à insérer une idée, un peu chaque jour, pendant des semaines, des mois, voire des années, jusqu'à qu'à ce que l'idée fasse partie des circuits neuronaux de l'autre en face.


  • Trouver un bouc émissaire.

En terme de propagande, trouver une personne à abattre, c'est le b.a.ba de la manipulation.

Parce que l'humain est conditionné depuis des millénaires pour être accepté dans un groupe et rester dans ce groupe. On est câblé comme ça, parce qu'être exclu d'un groupe signifiait augmenter ses risques de mourir à l'époque où on était encore des animaux.

Aujourd'hui, cette peur de l'exclusion est encore forte dans beaucoup de cerveaux qui n'ont pas fait le travail de processus d'individuation qu'on réalise en allant chez un thérapeute, en lisant et en faisant un travail quotidien d'introspection.

Du coup, certains s'en servent en trouvant un bouc émissaire, une personne à détester, et demandent à leur communauté ( proches, followers, élèves, fans... ) de haïr également cette personne.

Ce qui a pour but de développer une sentiment de cohésion, d'appartenance à un groupe, de se relier autour d'une cause, et pour conséquence de développer la haine, la violence et la bêtise humaine.

Et cette technique est vieille comme le monde aussi, regardez les ados au collège : trouver un souffre-douleur pour mieux se moquer en groupe de lui, c'est le quotidien !


Du coup, il faut une sacrée force mentale pour ne pas céder à la peur, à la culpabilité, au harcèlement et à toutes les méthodes que l'égo emploie pour parvenir à dominer la pensée d'autrui.


Mes conseils ?


  • Se mettre à la méditation. Prendre 10 minutes par jour pour se retrouver seul avec ses pensées, faire le point avec soi, se mettre d'accord... Sans ça, un égo dominateur peut facilement nous faire changer de point de vue, de valeur, et même de besoin.


  • Réaliser des exercices d'auto-pardon, d'auto-acceptation et d'auto-amour tous les jours. Se répéter ou écrire : je me pardonne, je m'accepte, je m'aime... ça renforce les circuits neuronaux de self-estime, ce qui nous rend plus cohérent avec soi et moins perméable aux tentatives de manipulation égotique.


  • Lire, apprendre, s'informer.

"L'arme la plus puissante dans ce monde, c'est l'éducation", disait Mandela, et il avait bien raison !

Pour éviter de croire à toutes les salades égotiques du monde, développer sa propre opinion passe aussi par l'information et l'éducation.

C'est essentiel pour préserver son libre-arbitre et sa libre-pensée.


Voilà, j'espère que cet article te parle, te plaît, t'informe ou te servira à quelque chose.

Si tu subis une situation de harcèlement, de menace ou autres, il ne faut pas rester seul.e dans ce combat. Fais-toi aider et n'hésite pas à me contacter via ce formulaire pour discuter de tout ça, je réponds à tous les mails avec plaisir.


En attendant, tu peux aussi aller faire un tour sur mon site pour découvrir mon Ebook Je coach mon égo, bientôt disponible en version papier.

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